Les pétroglyphes de la falaise de Qurta
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Des pétroglyphes
préhistoriques gravés dans les falaises de grès du
Djebel Silsileh oriental, connus anciennement sous
la référence « Sites Nord » du Djebel Silsileh, font
reparler d’eux depuis 2005 suite à l’ouverture de
nouvelles investigations archéologiques dans cette
région sous la conduite d’une équipe belge dirigée
par Dirk Huyge. Ces sites rupestres se trouvent à
16km au nord de Kom-Ombo. |
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Carte du Djebel
Silsileh, © P. Smith, 1967 |
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L’existence de
stations préhistoriques dans la plaine de Kôm Ombo
est attestée depuis le début du XXe siècle. Les
premières y ont été découvertes par le préhistorien
français Edmond Vignard au début des années 1920
(voir par ex. « Menchia, une station aurignacienne
dans le nord de la plaine de Kom Ombo », in C.R. de
la XIVe session du congrès préhistorique de France,
Strasbourg, pp 634-653).
Dirk Huyge, des Musées Royaux d’Art et d’Histoire de
Bruxelles, a rebaptisé cet ensemble de sites
rupestres sous les noms de Qurta I, Qurta II et
Qurta III car se trouvant à proximité du village
actuel de Qurta. En février 2007, des
représentations d’animaux réalisées par incision et
martèlement sont identifiées. Une partie de ces
gravures avait déjà été repérée en 1962-63 par une
équipe d’archéologues de l’Université de Toronto
chargée d’explorer la région nord du Djebel Silsileh
dont les sites allaient être détruit par l’extension
des cultures de villages nubiens nouvellement
installés. Philip Smith avait découvert un groupe
d’individus stéatopyges et noté que la plupart des
gravures représentaient des bovidés (voir P. Smith,
1967, A preliminary Report on the Recent
Prehistoric Investigations near Kom Ombo, Upper-Egypt,
in « Fouilles en Nubie », SAE, Cairo, pp 195-208).
Smith suggérait à l’époque prudemment que ces
gravures pouvaient être contemporaines de la station
préhistorique qu’il fouillait en contrebas de la
falaise aux pétroglyphes, mais qu’elles pouvaient
aussi être plus tardives. La reprise des recherches
par Dirk Huyge dans la région du Djebel Silsileh
entraîne une nouvelle évaluation de ces
pétroglyphes.
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Individus stéatopyges, © P. Smith, 1967 |
Mêmes
individus stéatopyges, D. Huyge, 2007 |
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Les gravures ornant les falaises du
Nord du Djebel Silsileh (Qurta) présentent une faune
composée de bovidés (environ 85 % des gravures),
d’oiseaux, d’hippopotames, de gazelles, de poissons
et d’un âne. La chronologie de cet art pariétal est
encore mal assurée, mais l’équipe Belge pense
pouvoir la situer au Paléolithique Supérieur. Ils
avancent premièrement l’absence d’indices de
domestication dans ces représentations et,
deuxièmement, la présence à moins de 200 mètres du
site rupestre de Qurta I, d’un habitat datant de
cette période fouillé au début des années 1960 par
Philip Smith (site GS-III). L’identification des
bovidés gravés à des aurochs proposée par Dirk Huyge
est à étayer.
Dirk Huyge relie les deux sites – le site d’habitat
et le site rupestre – du Djebel Silsileh nord et
propose pour Qurta I la date de 13 000 avant J.-C.
Cette datation repose en partie sur la typologie de
l’industrie lithique de type « Silsilien » mise au
jour sur le site d’habitat. Des dates radiocarbones
provenant de deux sites « Silsiliens » stratifiés de
la région de Qurta, proches des sites rupestres,
signalent dès 1964 une chronologie absolue autour de
12 000 avant J.-C. (P. Smith, 1964, Science 145, p.
811). Toute la question est de savoir si l’on peut
lier les deux sites en question. La présence de
fragments de grès incisés sur un espace domestique
préhistorique proche du principal site rupestre est
un indice équivoque, car toutes les gravures ne sont
pas nécessairement contemporaines. La chronologie
avancée de cet art pariétal reste donc pour
l’instant hypothétique. Si Dirk Huyge considère que
l’absence de signes explicites de domestication est
significative, que penser alors de l’absence de
représentation de la grande faune africaine
(éléphants et girafes notamment) ?
Les efforts récemment portés sur l’art rupestre du
Djebel Silsileh permettront à terme un relevé
complet des gravures rupestres, des éclairages
chronologiques et d’utiles comparaisons avec
d’autres régions d’Égypte riches en pétroglyphes. On
attend avec grand intérêt les analyses de la fine
couche de patine naturelle déposée au fond des
incisions que Dirk Huyge prévoit d’effectuer au
printemps 2008 et qui permettront d’éclairer son
hypothèse chronologique.
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MRAH.
Luc Watrin,
Juin 2007
© Illustrations : Mission Archéologique
Belge 2007 |
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La falaise de Qurta,
vue du Nil |
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| Quelques bovidés |
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